Humeur...

Un beau temps, celui-là

C'est au temps de l'eau chaude, les acariens étaient anémiques et les soldats, sans ordres, se battaient pour des riens. Un glaciologue hardi s'ébouillanta cet été tant la glace fondait. C'est un temps de grâce, Dieu lui-même résidait sur la terre à trois rues de chez moi. Parfois le soir, des bruits de pas, des paroles perdues survolaient les ruelles; et se faisait entendre Bouddha dialoguant avec lui sur l'avenir de l'Islam. Les prés verts embaumaient la menthe et la sarriette, les torrents et les rus chantonnaient en cadence, les galets s'enlaçaient et les lichens frivoles s'encanaillaient en feu. Le temps de guerroyer semblait à tout jamais ôté des agendas et des calendriers. Sur les champs de batailles s'élevaient, prétentieux, les monuments débiles à la gloire de ceux qui, enfin décédés, ne faisaient plus trembler ni les gens ni les pierres. Un temps de vaches grasses consacrées sur l'autel de la bouffe, saine et sans vanité, que manger était devenu la sainte communion. Des céréales au goût fin des hosties d'avant-hier nourrissaient à l'envi l'humanité heureuse. En ces temps d'arcs-en-ciel, parlements, monarchies, démacraties, pouvoirs étaient aux pages jaunes, rubrique Antiquité. Sur la terre désormais, redevenue carrée flottaient de-ci, de-là, des senteurs de bonheur, de bien-être commun. Les femmes étaient nombreuses, les hommes tout autant, égrenaient aux veillées un vieux jeu dont le but était de dessiner demain. Des journées de pas d'heures, sans matin ni midi, s'étiraient vagabondes jusqu'au plus tard suivant. Personne ne savait ni quand il adviendrait ni le goût qu'il aurait. Les arbres demandaient en chœur avec les champs ce que ce jour les appétits seraient. Et puis tout s'écoulait. Au firmament terrestre les astres et les étoiles illuminaient les sentes, les voies et les chemins. Pas de route, point de trottoir. Des sentiers balisés amenaient au destin ceux qui les arpentaient, celles qui les suivaient. Et la vie se passait, matinées et soirées se suivaient au rythme pacifiant des jours sans lendemains.
De n'âge plus n'avais au temps où je vivais, heureux, tellement humain. Quel beau temps celui-là!

Lundi¬†10¬†ao√Ľt¬†2009¬†17:14

Mots-clés :

Vie, Bonheur, Arc-en-ciel, Carré, Plus tard

« Retour √† la section Humeur