Émois...

Caillou

Si de ton cœur de pierre s'échappaient les nuances,
les teintes, les odeurs, les mots et les semences,
s'écouleraient les voix du fond du temps passé,
à l'accent étonné de se dire, de parler.
Mais que donc dirais-tu que notre connaissance
ne sache ou même ignore, la pierre en son silence
est riche en confidences, même si ces mots
ne sont qu'effleurements ou soupirs,
une voix mais sans son?

Chapiteau, tête d'angle, clé de voûte ou rocaille,
tu as connu les mains et la fécondation
quand sorti de la terre sous les yeux du maçon
le caillou devint pierre, sa matière raison.
De temple ou d'aqueduc, de palais, de masure
la pierre nous a donné à boire ou à manger;
elle sait le goût de l'eau, de l'encens et des guerres,
elle entend nos soupirs,
elle sait le goût du sang.

Cependant tu étouffes, puis te tais et écoutes,
au cœur de notre monde la pierre croit, parfois doute.
De ces mains qui un jour l'ont dressée pour toujours
jaillissent des fontaines de mort ou bien d'amour.





Lundi¬†10¬†ao√Ľt¬†2009¬†17:05

Mots-clés :

Pierre, Hommes, Mains, Nature, Histoire

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