Amour...

Trop

Lourd,
comme un fleuve de plomb
qui sans cesse se meut,
écrasant de froideur.
Triste,
comme un matin sans ciel,
sans nuage ni pluie,
un opéra sans chœur.
Lent,
comme un chariot sans roue
qu’un bœuf âgé emmène,
une histoire sans mot.
Vide,
comme l’accouchement
d’une vie déjà morte,
un littoral sans mer.
Injuste,
comme un soleil de fête
qui brillerait ailleurs,
une main sans ses doigts.
Décevant,
comme le train raté
de tous nos rendez-vous,
volonté, parodie.
Apparaît ton visage, en plein jour, lumineux.
Ta voix devient pesante, ou peut-être irréelle.
Ton bien je le connais, ta joie je la suscite,
ton chemin je le trace, ta pensée je la guide.
Je suis toi plus que toi, sois moi et tu seras.
Ils y a ceux qui savent, qui connaissent et comprennent,
quant aux autres, ma foi, ils vivent, c’est déjà ça.
J’ai voulu, j’ai cherché, j’ai lutté, longtemps j’ai espéré.
Mais pour toi l’unité n’est pas la communion.
Un donné, sans reçu.

Aujourd’hui je m’arrête, peut-être as-tu gagné.
Je me mets de côté, convaincu plus que tout,
que tu n’as pas compris.

J’aurais tant voulu être.
Mais je ne pourrais l’être
car tu me veux trop toi.

Mercredi¬†12¬†ao√Ľt¬†2009¬†20:30

Mots-clés :

, , , ,

« Retour √† la section Amour